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Données personnelles : une ONG pointe du doigt TikTok

Paris, France | AFP | mardi 05/07/2022 – L’ONG Access Now, qui défend les droits des internautes, accuse mardi le réseau social TikTok de « violation manifeste » du Règlement général sur la protection des données (RGPD) européen à des fins de publicité ciblée.

Elle renvoie, dans un communiqué, à un document de TikTok. Ce dernier stipule qu’au nom des « intérêts légitimes » de ce réseau, la collecte de données se fera à partir du 13 juillet sur cette plateforme auprès des plus de 18 ans en Europe, qu’ils y aient consenti ou non.

Access Now a écrit à TikTok, qualifiant cette nouvelle façon de procéder de « violation manifeste » du RGPD. « TikTok veut passer outre les droits des personnes qui utilisent la plateforme pour augmenter ses revenus publicitaires », indique dans le communiqué Estelle Massé, d’Access Now.

Mme Massé rappelle que d’autres plateformes et réseaux sociaux ont une lecture sujette à caution du consentement mais que TikTok va « plus loin ». Selon elle, ce dernier « suggère effectivement que nous ne devrions pas avoir notre mot à dire sur la manière dont nos informations sont utilisées ». TikTok a été sollicité par l’AFP, mais n’avait pas répondu mardi soir.

L’utilisation des données personnelles est un sujet de préoccupation récurrent. En France, Google a été condamné en décembre 2021 par la Commission de l’Informatique et des Libertés (Cnil), gendarme de la protection des données, à une amende de 150 millions d’euros pour ses pratiques en matière de « cookies », ces traceurs numériques utilisés notamment pour la publicité ciblée.

Et des associations de consommateurs de cinq pays européens, dont la France, ont récemment porté plainte contre Google auprès des autorités nationales de protection des données personnelles.

Ces organisations (aussi implantées en Grèce, Norvège, République tchèque et Slovénie) accusent cette fois le géant américain d’inciter les utilisateurs à « autoriser un traitement étendu et invasif » de leurs données personnelles au moment de créer leur compte, en violation du RGPD européen. Ce dont Google se défend.

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Apple va lancer un outil contre les logiciels espions

San Francisco, Etats-Unis | AFP | mercredi 06/07/2022 – Apple va proposer cet automne un nouvel outil de protection des données pour les journalistes et militants, après que l’affaire Pegasus a révélé les capacités techniques hors-normes de certains logiciels d’espionnage.

Le mode « Lockdown » (« confinement »), est une « protection extrême, optionnelle, pour le tout petit nombre d’utilisateurs dont la sécurité numérique est gravement menacée », a expliqué Apple dans un communiqué mercredi.

Il s’agit des personnes « qui peuvent être ciblées par des attaques ultra sophistiquées, menées grâce aux programmes de NSO Group et d’autres entreprises mercenaires qui développent des logiciels espions pour le compte de gouvernements », détaille le géant californien.

En septembre, Apple avait dû réparer en urgence une vulnérabilité informatique que le logiciel Pegasus, de la firme israélienne NSO Group, était capable d’exploiter pour infecter les iPhone, sans même que les utilisateurs n’aient à cliquer sur des liens ou boutons piégés, selon un procédé baptisé « zero-click ».

La nouvelle option permettra aux utilisateurs de sécuriser complètement de nombreux services et contenus de leur appareil, y compris les pièces jointes. Il ne sera plus possible de connecter un ordinateur via un câble à un iPhone s’il est verrouillé.

Apple a aussi étendu son programme pour les chercheurs en cybersécurité. Le groupe offrira une nouvelle prime, jusqu’à 2 millions de dollars, aux hackeurs qui lui signaleront des failles dans le mode Lockdown.

Il y a un an, un collectif de médias internationaux a révélé que Pegasus avait permis d’espionner les numéros de journalistes, hommes politiques, militants ou chefs d’entreprises de différents pays, y compris le président français Emmanuel Macron.

NSO Group a assuré à plusieurs reprises que ses technologies permettaient à des Etats de sauver des vies, en traquant des pédophiles et des terroristes, par exemple.

Mais Apple, qui a notamment bâti son succès sur son excellente réputation en matière de sécurité et de respect de la vie privée, a porté plainte contre la société israélienne en novembre.

Elle l’accuse d’être responsable des « activités malveillantes » de certains de ses clients, dont des gouvernements.

« Ce sont des mercenaires amoraux du 21è siècle qui ont créé des machines de cyber-surveillance ultra sophistiquées, incitant à des abus flagrants et routiniers », avaient indiqué les avocats du groupe américain dans la plainte.

Il y a deux semaines, Google a dénoncé un logiciel espion italien qui a servi à pirater des smartphones pour espionner des utilisateurs en Italie et au Kazakhstan.

« Ces sociétés facilitent la prolifération d’outils de piratage dangereux et arment des gouvernements qui ne seraient pas autrement capables de développer ces compétences, » avait précisé le géant des technologies.

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La Lituanie se dit visée par une cyberattaque, « probablement » russe

lundi avoir été la cible d’une cyberattaque « intensive », sur fond de menaces brandies par la Russie envers ce pays balte qui a instauré des restrictions sur le transit vers l’enclave russe de Kaliningrad.

Selon Jonas Skardinskas, le directeur du Centre national de cybersécurité, les attaques qui provenaient « probablement » de Russie, ont déjà été « maîtrisées ».

L’attaque a visé des sites d’institutions publiques et d’entreprises et a entraîné notamment l’arrêt des services fiscaux ainsi que des perturbations dans la délivrance des passeports. 

Des réseaux sécurisés ont également été visés, a déclaré le Centre national de cybersécurité dans un communiqué. 

« Il est très probable que des attaques d’une intensité similaire ou supérieure se poursuivent dans les prochains jours, notamment dans les secteurs des transports, de l’énergie et des finances », a déclaré Jonas Skardinskas. 

Le groupe de pirates informatique russe Killnet a revendiqué cette attaque dite DDoS, qui consiste à prendre pour cible un système informatique en l’inondant de messages ou de requêtes de connexion afin de provoquer un déni de service.

Dans un message, le groupe a déclaré qu’il s’agissait d’une réaction à l’interdiction par la Lituanie du transit de certains produits russes vers Kaliningrad, une mesure prise par la Lituanie début juin dans le cadre des sanctions européennes contre Moscou, imposées après l’invasion russe de l’Ukraine. 

Plus tard dans la journée de lundi, les autorités lituaniennes ont déclaré que les attaques les plus importantes avaient été « maîtrisées ». 

Selon M. Skardinskas, il n’y a pas eu de dommages graves. 

Le Premier ministre Ingrida Simonyte a noté lundi que de telles attaques étaient récurrentes depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février. 

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La guerre russe rattrape des biologistes français jusqu’en Polynésie

La pose de balises permettant le suivi d’oiseaux a été interrompue après l’arrêt de la transmission des données par des serveurs russes sur la Station spatiale internationale

LE MONDE Par Clémentine Laurens

Publié le 22 mars 2022

Les combats qui font rage sur le sol ukrainien ont des effets collatéraux sur le monde de la recherche : la mission russo-européenne ExoMars, qui devait emporter un rover vers la Planète rouge, officiellement suspendue, en est un exemple majeur.

Mais une foule de collaborations se trouvent, elles aussi, peu ou prou affectées.

Des biologistes du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et de l’Office français de la biodiversité, à Paris, ont ainsi été rattrapés par la réalité géopolitique au cours d’une expédition à l’autre bout du monde, en Polynésie française.

Le 24 février débute l’offensive militaire russe contre l’Ukraine.

Ce même jour, les chercheurs Romain Lorrillière, Benoît Fontaine et Romain Provost s’envolent pour Moorea, en Polynésie française.

C’est la première étape d’une mission de deux semaines et demie dans le cadre du projet de recherche baptisé « Kivi Kuaka ».

Objectif : étudier les changements de comportement de certaines espèces d’oiseaux à l’approche de catastrophes naturelles.

Les biologistes doivent capturer des oiseaux sauvages pour les équiper de petites balises capables d’enregistrer et de transmettre leur position pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Des données précieuses pour établir des modèles comportementaux et, peut-être, un jour, développer de nouveaux systèmes d’alerte précoce des catastrophes naturelles.

« On aime bien ces moments sur le terrain, raconte Benoît Fontaine, ingénieur de recherche et biologiste de la conservation au MNHN.

On quitte nos ordinateurs pour aller au contact des espèces qu’on étudie, souvent dans des endroits reculés, où on s’abstrait du quotidien. »

Mais pas cette fois.

Car les chercheurs emportent dans leurs bagages des balises légères baptisées « Icarus », et des balises OrniTrack, plus lourdes.

Problème : les balises Icarus, fournies par l’Institut Max-Planck de Constance, en Allemagne, transmettent leurs données via une antenne fixée surle module russe de la Station spatiale internationale.

C’est donc l’agence spatiale russe, Roscosmos, qui collecte les données avant de les retransmettre à l’institut allemand.

Interruption de la transmission

Les biologistes en mission sont confiants : « Les collaborations russo-occidentales dans le domaine spatial ont traversé tous les troubles des dernières décennies », rappelle Benoît Fontaine. Ils se mettent donc au travail. À Moorea et à Tetiaroa, ils capturent des oiseaux qu’ils équipent de balises Icarus. Et ils suivent l’actualité, à distance. « On a vécu le début de la guerre au jour le jour, comme tout le monde », raconte Romain Lorrillière, chercheur postdoctorant au MNHN.

Le 6 mars, l’équipe rejoint le Lagon Bleu de Rangiroa. Et voilà les chercheurs coupés du monde : dans cette zone, ni Internet ni téléphone. Or, en Europe, la donne vient de changer. « Le 3 mars, Roscosmos annonce sa décision d’interrompre la transmission des données des balises », relate Martin Wikelski, directeur de l’initiative Icarus. Deux jours plus tard, la transmission cesse complètement. L’Institut Max-Planck informe de la situation le responsable de « Kivi Kuaka », le professeur et chercheur Frédéric Jiguet (MNHN). Ce dernier résume tristement : « Cela veut dire que toutes les balises déployées jusqu’à aujourd’hui ne pourront plus être exploitées. » Et autre conséquence : il faut interrompre la pose des balises Icarus.

« J’ai fait passer le message à mes équipes par le biais d’un Tahitien qui possède une société de tourisme », se souvient Frédéric Jiguet. Un choc pour l’équipe : « Ça voulait forcément dire que la situation s’envenimait beaucoup !, relate Romain Lorrillière. Pendant les quarante-huit heures qu’il nous restait à passer au lagon bleu, on a imaginé le pire. » Leur retour dans la ville d’Avatoru est presque un soulagement : « Quand on a reconnecté, on a pu mettre des mots sur la réalité, interrompre nos cerveaux qui tournaient en boucle. »

La décision de Roscosmos laisse un goût amer aux scientifiques, dont une partie du travail est « anéantie » par l’arrêt de cette collaboration. Mais l’équipe relativise, à l’unisson : « Ce qu’il nous arrive, c’est complètement dérisoire par rapport à ce qu’il se passe en Ukraine ! »

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Chine dément toute lutte d’influence dans le Pacifique

Port-Vila, Vanuatu | AFP | 1er juin 2022 – La Chine a assuré mercredi n’avoir “aucune intention de concurrencer” d’autres pays en termes d’influence dans le sud du Pacifique, au moment où le chef de sa diplomatie Wang Yi et son homologue australienne Penny Wong y effectuent en même temps des tournées aux allures d’offensives de charme.
 
Dans un communiqué diffusé par l’ambassade de Chine à Canberra, Pékin affirme qu’il « ne cherche à obtenir de droits exclusifs » dans la région, ni à y « être en compétition avec d’autres ». Cette déclaration intervient alors que Wang Yi poursuit une tournée de dix jours dans les îles du Pacifique, à l’occasion de laquelle la Chine a semblé chercher à accroître fortement son rôle dans la sécurité régionale, inquiétant l’Australie et les Etats-Unis. « La Chine respecte les liens historiques et traditionnels de l’Australie dans la région, et il y a assez de place dans le vaste océan Pacifique pour la Chine, l’Australie et toutes les îles pour partager la paix, le développement et la prospérité », a ajouté Pékin.
S’il n’a pas réussi à obtenir un accord sur la sécurité régionale qui aurait donné à Pékin un rôle plus important dans des domaines sensibles comme le maintien de l’ordre ou la cybersécurité, Wang Yi a tout de même conclu une série d’accords au fil de ses escales.
Mercredi au Vanuatu, il a signé des accords de renforcement des liens économiques, dont l’envoi d’équipes médicales chinoises sur place. Mardi aux îles Tonga, il avait promis le soutien de la Chine à des stades de sport et à des projets d’énergie éolienne, selon les médias d’État, tout en signant une série d’accords sur la prévention et l’atténuation des catastrophes, l’agriculture, la pêche et la santé.  Il achèvera cette tournée dans le Pacifique sud par une étape en Papouasie-Nouvelle-Guinée jeudi et vendredi.
 
Ces visites ont poussé le tout nouveau gouvernement australien à faire lui aussi une tournée dans la région pour renforcer ses anciennes alliances. La nouvelle ministre australienne des Affaires étrangères Penny Wong y est arrivée mercredi pour des visites prévues à Samoa et aux Tonga, quelques jours seulement après Wang Yi. En poste depuis neuf jours, Mme Wong s’est déjà rendue au Japon –pour une rencontre de du Quad, une alliance comprenant les Etats-Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie et qui s’inquiète notamment de l’influence grandissante de Pékin dans la région, et aux Fidji.
Mme Wong a annoncé qu’elle allait lors de cette tournée « renouveler et renforcer les liens profonds d’amitié et de famille de l’Australie ».  
 
Le nouveau gouvernement australien de centre gauche rattrape le temps perdu après des années de relations avec les îles du Pacifique entravées par les atermoiements du gouvernement conservateur sur le changement climatique. L’élévation du niveau de la mer est une menace de premier plan pour de nombreuses nations insulaires du Pacifique de faible altitude. Lors de sa visite aux îles Fidji, Mme Wong a déclaré que l’Australie fixerait de nouveaux objectifs plus ambitieux en matière d’émissions et tenterait de coorganiser une future conférence des Nations unies sur le climat avec les pays insulaires du Pacifique.  Elle a promis de ne plus « manquer de respect » aux nations du Pacifique ou d’« ignorer » leurs appels à agir sur le changement climatique. 

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La Chine propose un accord régional de libre-échange et de sécurité dans le Pacifique sud

Honiara, Îles Salomon | AFP | jeudi 26 mai 2022 – La Chine a lancé une vaste initiative visant à étendre la coopération en matière de sécurité et de libre-échange avec les pays du Pacifique sud, déjà décriée par plusieurs poids lourds dans la région comme l’Australie et les États-Unis. 
 
Le projet d’accord et le plan sur cinq ans, que l’AFP a pu consulter mercredi, feront l’objet de discussions à l’occasion d’une visite du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi dans plusieurs pays de la zone à partir de jeudi. Selon ces documents, la Chine entend proposer à dix États insulaires de la région des millions de dollars d’assistance, la perspective d’un accord de libre-échange ainsi que la possibilité d’accéder au vaste marché chinois avec ses 1,4 milliard d’habitants. En retour, la Chine se chargerait de former les forces de police et s’impliquerait dans la cybersécurité locale. Elle pourrait par ailleurs réaliser des opérations sensibles de cartographie marine et obtiendrait un meilleur accès aux ressources naturelles locales.

Cette « vision commune de développement », du nom donné au projet, pourrait être adoptée le 30  mai, à l’occasion d’une rencontre prévue aux îles Fidji entre M. Wang et les ministres des Affaires étrangères de la région. À son arrivée dans les îles Salomon jeudi, le diplomate chinois a demandé à ne pas « interférer« , ou « perturber » la « coopération de la Chine avec les pays insulaires du Pacifique« . « Ils ne sont l’arrière-cour de personne. Tous les pays insulaires du Pacifique ont le droit de faire leur propre choix au lieu de se contenter de suivre les autres« , a-t-il déclaré, niant par ailleurs toute volonté de Pékin d’installer une base militaire dans les îles Salomon.
 
Rivalité avec les États-Unis
 
Le Pacifique sud est devenu ces derniers mois un théâtre de forte rivalité entre la Chine et les États-Unis, grande puissance du Pacifique depuis plusieurs décennies. Pékin cherche à y accroître sa présence militaire, politique et économique, mais n’a fait jusqu’à présent que des progrès limités et inégaux. Le plan de coopération, s’il est accepté, pourrait en revanche représenter un tournant majeur, facilitant notamment un certain nombre d’opérations de police ou militaires.
 
En outre, les vols entre la Chine et les îles du Pacifique seraient multipliés, Pékin nommerait un émissaire régional, assurerait la formation des jeunes diplomates du Pacifique et fournirait 2.500 « bourses » gouvernementales. Mais déjà, certaines capitales ont commencé à tirer la sonnette d’alarme concernant le projet d’accord régional. Ce projet témoigne d’une « Chine qui cherche à accroître son influence dans la région du monde où l’Australie a été le partenaire de choix en matière de sécurité depuis la Seconde Guerre mondiale« , a averti jeudi le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese. Il a annoncé une « intensification » de l’engagement de l’Australie dans le Pacifique, avec environ 500 millions de dollars australiens d’aide pour la formation à la défense, la sécurité maritime et les infrastructures pour lutter contre les effets du changement climatique. 
 
Jeudi, la ministre australienne des Affaires étrangères Penny Wong était en route vers les îles Fidji pour discuter de ces plans. De son côté, le porte-parole du département d’État américain Ned Price a conseillé aux pays du Pacifique sud de se méfier de cet accord « obscur » avec la Chine. « Nous sommes préoccupés par le fait que ces accords puissent être négociés lors d’un processus précipité et non transparent« , a-t-il déclaré mercredi, tout en rappelant que les nations feraient leur propre choix. Dans une lettre véhémente adressée à ses collègues du Pacifique sud, le président des États fédérés de Micronésie David Panuelo a mis en garde contre un accord « attrayant » à première vue, mais susceptible de donner à la Chine les moyens « d’acquérir accès et contrôle sur notre région« .
 
« Contrôle » et « surveillance »
 
Qualifiant les propositions de « non sincères« , M. Panuelo y estime qu’elles « garantiraient une influence chinoise au sein du gouvernement« , un « contrôle économique » chinois sur certaines industries clé ainsi qu’une « surveillance de masse » des appels téléphoniques et messages électroniques locaux. Le dirigeant y voit une tentative de « lier intrinsèquement à eux l’ensemble de nos économies et de nos sociétés » pour servir son objectif à long terme: « prendre Taïwan, pacifiquement si possible, par la guerre si nécessaire ». La Micronésie – fédération qui réunit quatre pays formés de plus de 600 petites îles et atolls sur la ligne de l’Équateur – bénéficie depuis les années 1980 d’un statut de libre association avec les États-Unis, qui lui garantit une coopération dans le domaine du développement ainsi qu’une protection militaire.
 
Mais d’autres pays de la région pourraient en revanche être tentés par les possibles retombées positives du projet d’accord avec la Chine. Les îles Salomon et Pékin ont ainsi annoncé fin avril la signature d’un pacte de sécurité aux contours flous dont Canberra et Washington craignent qu’il permette à Pékin d’installer une présence militaire dans l’archipel.

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A Tokyo, l’alliance « Quad » visera l’unité face à Pékin en présence de Joe Biden

Tokyo, Japon | AFP | vendredi 19/05/2022 – Les dirigeants des Etats-Unis, de l’Inde, du Japon et de l’Australie se réunissent à Tokyo la semaine prochaine pour trouver un terrain d’entente face à la Chine, malgré des divergences à propos de l’invasion russe de l’Ukraine. 

Jusqu’ici, New Delhi a refusé de condamner l’offensive de Moscou et a résisté aux tentatives de l’associer aux actions internationales.

L’alliance informelle « Quad », qui regroupe Washington, Tokyo, Canberra et New Delhi, est unie par le désir de faire contrepoids à l’influence économique, militaire et technologique croissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique. 

Elle se réunira mardi, alors que beaucoup sont convaincus que Pékin scrute la réaction internationale à l’invasion de l’Ukraine et étudie ses options pour « réunifier » Taïwan avec la Chine continentale.

Les dirigeants du Quad discuteront « des moyens d’accroître la dissuasion et la coopération militaire » face à la Chine, estime Robert Dujarric, de l’Institut d’études asiatiques contemporaines de l’Université Temple. « Ils montreront à Pékin qu’ils travaillent ensemble pour contenir et dissuader la Chine », dit-il à l’AFP. 

Le président américain Joe Biden sera à partir de dimanche au Japon, pour la première fois depuis son entrée en fonction, et devrait profiter des rencontres avec le Premier ministre Fumio Kishida pour souligner ses préoccupations à l’égard de Pékin. 

Selon certains médias, les deux hommes publieront une déclaration conjointe musclée avertissant qu’ils sont prêts à « répondre » aux actions chinoises qui sapent la stabilité régionale. 

Washington joue l’apaisement

Mais le ton des déclarations du Quad devrait être moins ferme, faisant écho aux appels passés en faveur d’un « Indo-Pacifique libre et ouvert » et aux mises en garde contre les actions « unilatérales » dans la région, sans nommer Pékin.

Le sommet pourrait être éclipsé par la Corée du Nord qui préparerait de nouveaux tirs de missiles, voire un essai nucléaire.

Le Japon s’inquiète aussi de la présence chinoise autour d’îles disputées entre les deux pays et les discussions s’intensifient sur la manière de répondre aux menaces sur Taïwan. 

Le ministre japonais des Affaires étrangères s’est entretenu mercredi pour la première fois en six mois avec son homologue chinois, appelant Pékin à jouer « un rôle responsable » sur la scène internationale. 

De son côté, Pékin a averti que les informations selon lesquelles Washington et Tokyo « uniraient leurs forces » contre la Chine « assombrissent l’air ». 

L’un des plus hauts responsables chinois, Yang Jiechi, a affirmé à propos de Taïwan que si l’administration américaine persiste « dans la mauvaise voie, elle conduira certainement la situation à un point dangereux ».

Washington semble vouloir jouer l’apaisement, le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan assurant que le message de M. Biden « ne visait aucun pays en particulier ». 

Divergences avec l’Inde 

MM. Biden et Kishida, le Premier ministre indien Narendra Modi et le vainqueur des élections australiennes du 21 mai vont par ailleurs tenter de trouver un terrain d’entente en matière de coopération économique face notamment aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et à la pénurie de semi-conducteurs.

Les Etats-Unis dévoileront une initiative appelée Indo-Pacific Economic Framework (IPEF), un nouveau groupement commercial vu comment un moyen d’établir des chaînes d’approvisionnement sans la Chine. 

Cette initiative fait suite au brusque retrait de Washington en 2017, sous la présidence de Donald Trump, du Partenariat transpacifique qui regroupe des pays de l’Asie-Pacifique et des Amériques.

Cependant, toute position commune pourrait se heurter à des divergences avec l’Inde. Elle est le seul membre du Quad à avoir évité de dénoncer Moscou après l’invasion de l’Ukraine, augmentant même ses importations de pétrole russe malgré les critiques.

Michito Tsuruoka, maître de conférences à l’université Keio, relève que « le Quad a débuté comme un cadre de sécurité, mais a désormais un programme plus économique », en partie en raison des difficultés avec l’Inde sur les sujets de défense.

Et il est peu probable que le sommet du 23 mai change cela, estime Jitendra Nath Mishra, ancien diplomate indien et enseignant à l’O.P. Jindal Global University.

Washington et ses alliés « ont montré qu’ils comprenaient la nécessité pour l’Inde de protéger ses liens stratégiques et militaires avec la Russie pour développer des capacités face à la Chine », souligne-t-il.

« Faire pression sur l’Inde ne fait pas avancer le besoin de l’Occident d’établir une coalition pour contrer une Chine agressive ». 

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Les Iles Salomon rejettent les critiques sur un nouvel accord maritime avec la Chine

Honiara, Îles Salomon | AFP | mercredi 11/05/2022 – Le Premier ministre des Iles Salomon a rejeté mercredi les critiques suscitées par un nouveau protocole d’accord avec la Chine sur des investissements maritimes, assurant qu’il n’y avait dedans rien d' »inquiétant ».

La révélation de ce nouveau projet, dont une copie portant pour seule date « 2022 » a fuité dans les médias, intervient après la signature avec la Chine d’un pacte controversé sur la sécurité le mois dernier.

Les États-Unis, comme l’Australie voisine de l’archipel, s’inquiètent des ambitions militaires de Pékin dans le Pacifique et l’accord de sécurité aux contours flous a ravivé leurs craintes. Canberra et Washington craignent qu’il permette à Pékin d’installer une présence militaire dans l’archipel, situé à 2.000 km de l’Australie.

Le Premier ministre des Iles Salomon, Manasseh Sogavare, a rejeté mercredi les critiques concernant le nouveau projet d’accord sur l’investissement maritime, le décrivant comme « une initiative bilatérale normale de développement » qui reste à formaliser.

« Il n’y a rien d’inquiétant ou de choquant à propos du protocole d’accord sur l’économie bleue », souligne son bureau dans un communiqué, ajoutant que le texte sera suivi d’un accord plus détaillé.

La veille, le Premier ministre australien Scott Morrison avait exprimé son inquiétude face au projet qui porte sur l’investissement dans des domaines comme les câbles sous-marins, les quais portuaires, les chantiers navals ou l’exploration pétrolière et gazière offshore en particulier.

M. Morrison s’était dit « très inquiet, comme de nombreux autres dirigeants du Pacifique, à propos de l’interférence et de l’intrusion du gouvernement chinois dans ce type d’arrangements ».

Les liens de plus en plus étroits entre les Iles Salomon et la Chine sont un sujet d’importance dans la campagne électorale en Australie pour les élections législatives du 21 mai depuis la fuite sur les réseaux sociaux en mars d’un projet d’accord de sécurité entre ces deux pays.

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L’Australie fera en sorte qu’il n’y ait pas de base militaire chinoise aux Salomon, promet le Premier ministre

Sydney, Australie | AFP | dimanche 08/05/2022 – L’Australie travaillera avec ses alliés pour faire en sorte que la Chine n’installe pas une base militaire sur les îles Salomon, qui ont conclu avec Pékin un pacte de sécurité, a déclaré dimanche le Premier ministre australien Scott Morrison lors d’un débat électoral.

Les Iles Salomon ont déclenché l’inquiétude de l’Australie, son allié traditionnel, et des Etats-Unis en signant le mois dernier un pacte de sécurité avec la Chine. Canberra et Washington craignent que cet accord permette à Pékin d’installer une présence militaire dans l’archipel, situé à 2.000 km de l’Australie.

Cet accord est devenu un sujet de polémique dans le cadre de la campagne pour les élections législatives du 21 mai en Australie.

M. Morrison a été critiqué pour n’avoir pas réussi à empêcher la signature de cet accord, dans une région où l’Australie a traditionnellement une grande influence.

Lors du débat télévisé qui l’a opposé au Premier ministre conservateur, le chef de l’opposition travailliste Anthony Albanese a qualifié ce pacte de sécurité avec la Chine d' »échec massif de la politique étrangère ».

M. Morrison a souligné pour sa part que l’installation d’une base militaire chinoise sur les îles Salomon serait le franchissement d’une « ligne rouge ».

« L’Australie travaillera avec ses partenaires pour qu’une telle issue soit empêchée », a-t-il assuré. Il a toutefois ajouté qu’il serait « malavisé » de se livrer à des spéculations sur les mesures que l’Australie pourrait prendre pour empêcher l’installation d’une base militaire chinoise sur l’archipel.

« Le gouvernement des îles Salomon lui-même nous a fait très clairement comprendre qu’il ne recherche ni ne soutient » l’installation d’une présence militaire chinoise, a-t-il dit. « Ce n’est pas dans leur interêt national d’avoir une telle présence », a-t-il poursuisi.

Lors d’une rencontre vendredi à Brisbane avec son homologue des Salomon Jeremiah Manele, la ministre australienne des Affaires étrangères Marise Payne, a exprimé la « profonde inquiétude » de l’Australie « à propos de l’accord de sécurité avec la Chine et son manque de transparence ».

De son côté, le Premier ministre des Iles Salomon Manasseh Sogavare a affirmé mardi devant le parlement qu’il n’y avait « aucune inquiétude à avoir au sujet du pacte de sécurité et déploré « le manque de confiance » des autres pays.

Sans citer l’Australie, M. Sogavare a affirmé qu’il existait un « risque d’intervention militaire » par des pays qui jugeraient leurs intérêts aux Salomon en danger.

« En d’autres termes (…) nous sommes menacés d’invasion, et c’est sérieux », a poursuivi le Premier ministre. « Nous sommes traités comme des élèves de maternelle qui déambulent avec des Colts 45 entre les mains, et doivent donc être surveillés », a-t-il ajouté.

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Effacer vos données en ligne en quelques clics, l’ambition d’une société israélienne

Jérusalem, Non défini | AFP | dimanche 30/04/2022 – Effacer toute trace de sa vie numérique peut sembler une tâche titanesque aux millions d’internautes qui dispersent leurs données personnelles sur la toile. Mais trois jeunes Israéliens ont mis au point un outil pour les aider en quelques clics.

Après leurs services militaires dans des unités de cybersécurité de l’armée israélienne, Gal Ringel, Gal Golan et Kobi Nissan ont créé il y a quelques années la société « Mine » qui veut aider, le plus simplement possible, les internautes à se faire oublier grâce à l’intelligence artificielle.

Un utilisateur entre son adresse courriel sur le site du groupe qui, par l’intelligence artificielle, liste toutes les entreprises avec lesquelles l’utilisateur a été en contact et montre quelles données ont été partagées (date de naissance, adresse personnelle, détails bancaires…).

L’utilisateur peut ensuite décider de contacter chaque entreprise pour demander à ce que ses données soient supprimées, avec un modèle de mail préparé par Mine, qui assure par ailleurs ne pas avoir accès au contenu des emails mais seulement à la ligne « objet » des échanges.

« Vous êtes les uniques propriétaires de vos données », clame l’entreprise sur son site internet. « Notre technologie vous donne accès, transparence et contrôle sur les données que vous partagez en ligne ».

D’après Gal Ringel, un million de personnes ont déjà utilisé les services de « Mine », gratuits pour les particuliers et payants pour les entreprises, et dix millions de demandes d’effacement de données ont été envoyées à des entreprises.

« Nous ne disons pas aux gens de ne pas utiliser Facebook ou Google mais nous disons: comme vous aimez utiliser internet, on vous montrera qui sait quoi de vous et quels sont les risques », explique M. Ringel à l’AFP.

Réglementation lacunaire 

« Mine » n’est pas le seul outil permettant de traquer et effacer ses données numériques mais ses créateurs estiment qu’il est l’un des plus simples et le plus utilisé.

En Israël, la législation est en retard et incapable de faire face aux défis numériques actuels, affirme Naama Matarasso Karpel, directrice de Privacy Israel, une ONG qui lutte pour le droit à la confidentialité par l’éducation et la législation.

Le pays, qui se présente comme la « start-up nation » en raison de son secteur high-tech bouillonnant, n’a pas l’équivalent du RGPD, le règlement général sur la protection des données voté par l’Union européenne (UE) en 2018, devenu une référence internationale et qui consacre notamment le droit à l’effacement des données sur internet.

Des hackers ont d’ailleurs réussi récemment à pénétrer la base de données d’Atraf, un site LGBTQ israélien, et celle de Shirbit, une compagnie d’assurance locale.

« La vie privée, c’est un peu comme la santé ou l’air, on n’a pas l’impression d’en avoir besoin jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’on en manque vraiment », estime Naama Matarasso Karpel.

D’après elle, les entreprises ont pris conscience plus vite que les particuliers de l’enjeu de la confidentialité en ligne, persuadées que cela pouvait être un atout à mettre en avant pour instaurer un sentiment de confiance chez leurs clients.

« Mine », qui a justement été contacté par des entreprises désireuses de renforcer cette confidentialité, a élaboré un outil spécial pour le secteur privé permettant de dire où sont stockées les données des clients et de simplifier les démarches souvent « fastidieuses » pour les supprimer, explique M. Ringel.

Toutes les données ne sont toutefois pas identifiables et certaines ne peuvent être légalement supprimées, ce qui limite les activités de l’entreprise israélienne.

Effacer des données, de manière générale, est « un exercice technique compliqué », relève Omer Tene, co-fondateur du Israel Tech Policy Institute, un centre de recherche basé à Tel-Aviv.

Etant donné qu’il existe cinquante nuances de données en ligne, « il est difficile d’accomplir cette promesse qui consiste à supprimer des choses en ligne en appuyant seulement sur un bouton », note-t-il.